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Jusqu'au 27/09/08 - Guyane    Théâtre : Anjo Negro de
Nelson Rodrigues

Après "Art " en 2000 puis " Allah n'est pas obligé " en 2004, qui a connu un très beau succès en Guyane, Ricky Tribord revient au pays avec un nouveau spectacle et une tournée dans toute la Guyane : "Anjo Negro" de Nelson Rodrigues.

ANJO NEGRO
De Nelson Rodrigues
Traduction de Jacques Thiériot

 Mise en scène de Marc-Albert Adjadj
Assistante : Valérie Vernhes-Cottet
Dramaturge : Emmanuelle Lefranc

Avec :
Ricky Tribord,
Brune Renault,
Melchior Derouet,
Raphaële Gominet,
Céline Bortalis,
Raymonde Palcy.

Réservations au 0694 41 97 33
Tarifs : 10 € et 5 €


L’HISTOIRE
La haine de soi et l’intériorisation du préjugé raciste sont ici les thèmes centraux.

Ismaël est noir, il a honte d’être noir, il a épousé une femme blanche Virginia.
Ismaël a fait construire une maison aux murs très hauts afin que sa femme ne puisse pas voir d’autres blancs…
Comme frappés d’une malédiction, leurs enfants meurent tous à la naissance.
Un soir, arrive Elias, le frère aveugle et blanc d’Ismaël.

L’inceste et le meurtre du frère constituent l’architecture mythique dont l’intensité dramatique est rehaussée par la présence d’un chœur annonciateur de mauvais présages et spectateur de la folie alentour.

A 20h30, sauf à Macouria où le spectacle commence à 20 heures

 


NOTE D’INTENTION
Nelson Rodrigues défend l’idée d’un « théâtre désagréable » contre le point de vu de bon nombre d’intellectuels. Il va plus loin : il violente le spectateur, comme Ismaël violente Virginia qui mutile son ventre en tuant ses enfants.
Les désirs les plus obscurs sont mis en lumière.
L’amour, la haine, le crime, l’inceste, la torture morale et physique, Nelson Rodrigues les aborde frontalement.

Un théâtre non-naturaliste où tout est signe fort, symbole.
Une de ses thématique que l’on retrouve dans plusieurs de ses pièces, traite « de la malédiction du sexe ».
Dès le titre, blanc et noir s’affrontent. Ismaël, le noir refuse sa couleur et la sueur de sa couleur, se bat contre la mixité.

Comment et pourquoi monter une telle pièce aujourd’hui ? Alors que « la mixité doit être une évidence »

Virginia rêve de redevenir vierge et pure. Elias, l’aveugle blanc, rêve de posséder exclusivement la femme blanche de son frère noir, jusque dans la mort.
Ange noir est une pièce qui explore l’impossibilité d’accéder à l’Autre, l’impossibilité de le connaître, de le comprendre, et de l’aimer.
Une vraie tragédie, et le chœur des femmes vient scander le drame dans une litanie à laquelle nul ne peut échapper.

Faire exister Ange noir, c’est accepter de plonger dans l’obscur.
La mise en scène devra se fier à l’élaboration progressive des idées venues de la répétition, sortir de la confusion initiale pour confronter « Modernité » et « Archaïsme », chercher une élégance expressive des corps.
Le collectif du travail des acteurs primera sur la traditionnelle distribution. Explorer la sensibilité humaine et obtenir sa sonorité propre.
Vu la noirceur du propos, un décalage nécessaire frôlant l’absurde, paraît indispensable pour permettre des respirations à l’ouvrage.

« Ni le théâtre, ni l’art, ne sont une terre trouvée : ils sont terres promises et terres d’exils ».

S’approcher de la vérité ne pas essayer de la posséder mais de la façon la plus juste et la plus simple de tendre vers elle.
Une représentation scénique du rêve et de l’inconscient.

Etre un artisan dans son temps évite d’être un « artiste moderne ».

NELSON RODRIGUES
Nelson Rodrigues est né à Recife en 1912.
Il écrit sa première pièce, Le femme sans péché, en 1941. En 1943, sa seconde pièce, Robe de mariée, révolutionne les traditions théâtrales au Brésil et les conceptions scéniques en usage. Il obtient là le plus grand succès de son théâtre.
Les pièces qui suivirent, Album de famille (1945), Ange Noir (1946), Dame des noyés (1947), sont interdites par la censure. Il se voit obligé de rencontrer lui-même les autorités pour les convaincre de lever les sanctions.
Album de famille ne sera pas autorisé pendant vingt ans.
Bon nombre d’intellectuels se prononcent contre son théâtre, « théâtre désagréable ».

Les dix-sept pièces qui constituent sa dramaturgie, et qui ont été répertoriées par son exégète et ami Sabato Magaldi en trois cycles, Les tragédies mythiques, Les pièces psychologiques, Les tragédies cariocas, ont été composées avec régularité jusqu’en 1965.
Il n’écrira ensuite que deux pièces.

Après sa mort survenue le 21 décembre 1980, à l’age de 68 ans, Nelson Rodrigues devient le dramaturge le plus représenté et le plus respecté du théâtre moderne brésilien.
Il a inventé une forme singulière basée sur le flash-back, et la représentation scénique du rêve et de l’inconscient.

© Blada éditeur à Kourou (Contact) - Illustrations Eric Windeck - Réalisation technique Nicolas Noel (Disweb) - V2.7

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